2 · Les questions que vous nous posez

Paroles recueillies auprès de personnes en souffrance

Les pensées suicidaires sont parfois difficiles à aborder puisqu’elles amènent leur lot de questionnements et parfois d’incompréhensions.

Parfois, les pensées suicidaires peuvent être fugaces et disparaître. Parfois, elles peuvent être plus intenses et persister jusqu’à l’élaboration d’un scénario suicidaire. 

Quel que soit leur intensité, vous n’avez pas à les affronter seul. Il est préférable d’en parler car il est toujours possible d’apaiser la souffrance qui les induit. 

C’est ce que l’on appelle l’ambivalence : une partie de vous souhaite mettre fin à ses souffrances par le suicide et une autre partie veut continuer à vivre. Ce n’est pas par peur de la mort mais plutôt la preuve qu’une personne suicidaire veut cesser de souffrir et non mourir. 

Vous avez peut-être l’impression que vous n’avez pas les capacités pour vous en sortir, que les autres ne peuvent pas vous aider, que votre état ne changera jamais ou que vous êtes dans une impasse. Il est normal de réagir ainsi lorsqu’on se trouve dans un état de détresse intense. Pour autant, ce n’est pas une fatalité. C’est, entre autres, sur cette perception d’impuissance qu’un professionnel du soin peut agir et vous aider. 

Beaucoup de personnes craignent que de penser au suicide signifie qu’elles ont un problème de santé mentale. 
Certes, le fait de présenter un trouble de santé mentale (comme la dépression, un trouble bipolaire, une psychose ou un psychotrauma) augmente le risque d’avoir des pensées suicidaires. Près de 70 % des personnes qui décèdent par suicide souffraient d’une dépression, le plus souvent non diagnostiquée ou non traitée. Mais il est possible d’avoir des idées suicidaires sans pour autant présenter un trouble de santé mentale 
 
C’est dire l’importance de dépister et de traiter efficacement ces maladies sévères, trop souvent méconnues ou minimisées et pour laquelle des prises en charge efficaces existent pourtant.
Dans tous les cas, il est préférable de consulter un professionnel du soin qui saura soigner le trouble de santé mentale ou soulager votre souffrance ce qui permettra d’apaiser les idées suicidaires. 

 

Pour en savoir plus, consultez le site Psycom.org

Un seul jour avec des pensées suicidaires peut paraître une éternité. Il peut être difficile d’entrevoir que vous ne vous sentirez pas toujours ainsi. 

Cela peut prendre du temps pour que la souffrance émotionnelle diminue en intensité. Cependant, il est important de retenir, qu’à tout moment, il existe du soutien pour vous aider à traverser cette période.  

Vous pensez peut-être au courage, à la lâcheté, au respect de la liberté ? 

Quand on pense ainsi, on pense en termes de choix. Or, on ne se suicide pas par choix, mais par manque de choix. Notre souffrance est telle qu’elle nous prive de notre liberté de penser : la limite de tolérance face à notre mal-être est atteinte et on ne voit plus d’autres façons d’arrêter de souffrir. 

Une personne en grande détresse peut donc être incapable d’envisager d’autres options que le suicide et a besoin qu’on l’aide.

Il peut être effrayant de dire à quelqu’un que l’on a des idées suicidaires car on ne sait pas comment la personne va réagir, si elle va comprendre, nous juger ou avoir peur. Il peut donc être utile de parler à quelqu’un en qui vous avez vraiment confiance, à quelqu’un qui vous a aidé dans le passé ou à un professionnel du soin.  

Leur parler de vos idées suicidaires, c’est leur donner les moyens d’agir afin de vous aider. 

Il est important de dire à votre médecin généraliste ce que vous ressentez afin que vous puissiez obtenir l’aide dont vous avez besoin. Au moindre doute, il pourra vous conseiller de prendre rendez-vous avec un psychiatre avec qui vous pourrez discuter de l’éventualité d’une hospitalisation. Dans certaines situations de risque élevé, votre médecin pourra appeler le 3114 ou le 15. 

Tout d’abord, bravo pour avoir demandé de l’aide car cela a pu être difficile. Si vous l’avez fait et que vous n’êtes pas satisfait du soutien reçu, il est important de savoir qu’il existe différents types d’aide.

Qu’importe ce qui fonctionne pour vous, l’important c’est d’apaiser la souffrance, de retrouver un équilibre psychique et de sortir de la crise. 

Comment et à qui en parler ?

Prendre en charge les idées suicidaires demande des compétences spécifiques. Certains professionnels, non formés, peuvent être déroutés et ne pas répondre correctement à vos attentes d’aide. Soyez rassuré car il existe, autour de vous, dautres professionnels qui ont été formés : le plus simple est d’appeler le 3114 qui pourra vous orienter. 

Il se peut que vous vous sentiez soulagée mais cela ne signifie pas que le danger soit écarté. À la sortie d’une période de crise suicidaire, vous pouvez demeurer encore sensible et vous risquez d’être vulnérable si vous devez affronter à nouveau des événements de vie difficiles. C’est la raison pour laquelle il est important de maintenir un accompagnement sur le long terme. 

Avec le temps, un nouvel équilibre psychique s’installera permettant de faire face aux facteurs stressants qui précédemment engendraient des périodes de crise.

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