2 · Est-ce normal de…

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Les questions que vous nous posez

 

Le deuil par suicide peut entraîner toute une gamme d’émotions intenses et de réactions physiques qui peuvent être déroutantes, effrayantes et incontrôlables.

Vous vous demandez peut-être si vous avez manqué des signes, si vous avez suffisamment été attentif ou disponible, à l’écoute. La culpabilité et la honte sont des réactions très courantes lorsqu’une personne se suicide – nous nous demandons tous si nous aurions pu l’empêcher d’une manière ou d’une autre. « Si seulement » est une des réflexions les plus courantes pour les personnes endeuillées par suicide.

Selon notre expérience commune, les personnes ayant des idées suicidaires cachent souvent leur souffrance à leurs proches afin de les préserver ou l’exprime d’une façon inadaptée et donc non détectable. De plus, quelques jours avant sa mort, la personne peut sembler aller mieux, on constate même une augmentation positive de son humeur et de son énergie. On pense que c’est parce que la personne ressent le calme une fois qu’elle a pris la décision de mettre fin à ses jours.

Se culpabiliser est une réaction très courante mais potentiellement préjudiciable à votre santé à long terme. Il est important que vous receviez du soutien et que vous ayez des personnes à qui vous pouvez parler et échanger.

Le deuil demande tellement d’énergie que d’autres choses peuvent perdre de leur importance au point de les oublier. L’oubli est un effet secondaire courant mais temporaire.

Les personnes endeuillées par suicide peuvent présenter des symptômes de stress post-traumatique. Si vous avez été témoin de la mort ou avez trouvé le corps, vous pouvez souffrir de flashbacks ou de cauchemars. Cela peut également se produire si vous n’avez pas vu le corps, mais ne pouvez vous empêcher d’imaginer ce qui s’est passé – et l’imagination peut être pire que la réalité.

Vous pouvez également vous sentir désorienté et déconnecté du monde qui vous entoure.

Si tel est le cas, donnez-vous la permission de demander l’aide d’un professionnel formé à la prise en charge du deuil et du stress post-traumatique.

Vous pouvez avoir un désir désespéré, non seulement de revoir la personne, mais de changer le cours des choses. Vous vous retrouvez alors à la chercher et à penser que vous la voyez ou l’entendez, voire à appeler son nom ou à lui parler. Il est fréquent dans les premiers temps d’attendre son arrivée à la porte ou son appel sur le téléphone, tout en sachant au fond que cela n’arrivera pas. Ces réactions sont normales mais peuvent vous perturber.

Vous pouvez vous comporter d’une manière qui peut sembler étrange aux personnes extérieures, mais qui vous aide à vous sentir proche de la personne décédée.

Ce sentiment pourra s’estomper à mesure que la réalité de l’absence s’installera.

Vous pouvez avoir du mal à partager vos propres émotions face à ce que vous vivez et ressentez. Vous pouvez aussi redouter des questions telles que « comment est-il mort ? » ou « est-ce que tu vas mieux ? ».

Vous cherchez peut-être aussi à éviter les gens qui – pensant bien faire – essaient de vous dire ce que vous devez ressentir et comment surmonter cette épreuve. Ainsi que les personnes qui vous jugeraient, critiqueraient le suicide de votre proche ou encore la durée de votre deuil.

Quand vous ressentirez le besoin d’en parler, recherchez des personnes qui sont prêtes à vous écouter et qui comprennent votre souhait de garder le silence. Si vous préférez vous confier à des professionnels ou à des personnes qui ont vécu des événements similaires, appelez le 3114.

De nombreuses personnes endeuillées par suicide se sentent isolées. Ce sentiment peut être particulièrement aigu si vous percevez les autres comme indifférents ou critiques.

D’un côté, il se peut que votre entourage vous évite temporairement ne sachant pas quoi dire, ou par peur de mal faire. De l’autre, certaines personnes peuvent avoir des représentations du suicide, qu’elles jugent comme étant de la faiblesse, une honte ou même un péché. Le tabou autour du suicide est encore très marqué dans notre société, ce qui peut créer un sentiment de stigmatisation pour les personnes endeuillées par suicide.

Dans certains cas, vous pourriez avoir envie de nier que la mort était un suicide – cela peut être motivé par des valeurs culturelles ou par un sentiment de déni ou de culpabilité. Mais garder en vous un tel secret peut créer une confusion supplémentaire dans une situation déjà complexe.

Tout le monde ne saura pas réagir avec sensibilité, mais il est important de pouvoir échanger avec des personnes de confiance.

On peut remarquer de la part de l’entourage des réactions de détresse pouvant se manifester par de l’évitement, des accusations ou du rejet. Les réactions de chacun des membres de la famille peuvent différer et rendre difficile le partage des émotions et des ressentis. Certains ont besoin de parler de la personne décédée, d’autres préfèrent l’isolement et le silence.

Malgré votre profond sentiment de douleur et d’isolement, votre propre chagrin peut vous sembler illégitime ; vous pouvez même avoir l’impression que leurs émotions sont plus importantes que les vôtres.

Vous pensez peut-être avoir le devoir de soulager votre famille, mais il est surtout important de ne pas vous « charger » davantage et de parler de ce que vous ressentez. La discussion au sein de la famille, même si elle n’est pas toujours facile et ne peut être forcée, peut apporter du réconfort et aider à surmonter ensemble cette terrible épreuve.

La peur de perdre un autre proche peut aussi s’installer et compliquer les relations familiales. Certains vont ainsi être très angoissés qu’un accident ou un autre suicide survienne. Là aussi, il peut être aidant d’en discuter avec ses proches pour expliquer ses propres vécus.

Vous vous inquiétez certainement du bien-être des autres membres de la famille et êtes terrifié quant aux conséquences pour vos proches. Comment vous et les autres allez faire face ? À quoi ressemblera le futur ? Ce sont des préoccupations normales en période de deuil.

Cependant, les oscillations constantes de l’émotion, les questionnements sans fin, la douleur physique et le manque de sommeil risquent de vous amener vers l’épuisement et nécessitent donc que vous rencontriez un professionnel du soin.

La douleur que vous ressentez peut parfois être si intense que vous envisagez de mettre fin à vos jours.  Il est essentiel de demander de l’aide, sans tarder, en appelant le 3114.

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