Mieux comprendre le suicide

Le suicide, des facteurs qui se conjugent

 

Même si, virtuellement, tout le monde peut être concerné par des idées suicidaires, la littérature scientifique montre que nous ne sommes pas tous égaux face au risque de suicide qui varie selon les personnes et les circonstances.

Le fait que certaines personnes soient plus à risque de suicide que d’autres s’explique notamment par la notion de vulnérabilité. La vulnérabilité d’une personne dépend de facteurs que l’on hérite de nos parents, d’éventuels problèmes survenus autour de notre naissance, d’événements de vie difficiles au cours de notre enfance et de notre adolescence ou encore de la présence d’un trouble de santé mentale.

Chez une personne présentant une vulnérabilité préalable, l’accumulation d’événements douloureux peut générer un niveau de souffrance intense qui finit par dépasser les capacités d’adaptation et devient insoutenable : les idées suicidaires émergent. Lorsque le niveau de souffrance devient critique, un dernier événement peut déclencher le passage à l’acte. Cet événement est appelé « facteur précipitant ».

Prenons la métaphore du vase : la taille du vase représente la vulnérabilité de la personne. À mesure que des événements douloureux surviennent, il se remplit, faisant monter le niveau de détresse. Lorsque le vase est plein, le facteur précipitant est comme la dernière goutte qui va le faire déborder : le passage à l’acte survient.

Les troubles de santé mentale représentent l’un des principaux facteurs de risque de tentative de suicide et de suicide. Même si toutes les pathologies sont concernées, la dépression est de loin la plus fréquemment retrouvée dans la crise suicidaire. Près de 70 % des personnes qui décèdent par suicide souffraient d’une dépression, le plus souvent non diagnostiquée ou non traitée. Or, la dépression comme les autres troubles de santé mentale peuvent être soignées de façon efficace. Leur guérison ou leur stabilisation permet de réduire considérablement le risque suicidaire. En réalité, la principale difficulté est souvent de faire le premier pas et d’oser parler de ses difficultés à un professionnel.

Le site Psycom.org

 

 

 

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L’évolution de la crise vers le suicide

 

Les idées suicidaires, puis le passage à l’acte suicidaire surviennent rarement brutalement, du jour au lendemain. Il est important de se représenter la crise suicidaire comme un processus dynamique qui s’étend plus ou moins dans le temps, et qui est lié au niveau de détresse psychologique.

Trois métaphores permettent de mieux comprendre ce processus :

La boule de neige : plus un individu sera confronté à des événements de vie difficiles, plus son niveau de souffrance augmentera, plus il aura tendance à essayer de la réduire par des stratégies risquées ou inadaptées (ex. boire de l’alcool, s’isoler, se scarifier), et plus il subira les conséquences de ces mêmes stratégies (ex. une personne qui s’alcoolise pour apaiser ses angoisses est plus à risque de licenciement). C’est un cercle vicieux : le risque engendre le risque.

L’entonnoir : l’envahissement par la détresse tend à paralyser les capacités de réflexion de la personne, à biaiser sa vision du monde et à altérer son jugement. Plus la détresse augmente, plus la personne devient aveugle aux solutions qui permettraient de l’apaiser (et qui, le plus souvent, existent bel et bien), et plus la mort apparaît comme l’unique option pour la soulager. Les tentatives de suicide et le suicide procèdent de ce paradoxe : mourir pour ne plus souffrir.

La goutte d’eau : une personne qui est au bout de l’entonnoir, qui est submergée par sa détresse est comme un vase déjà plein. Une seule goutte d’eau suffit à le faire déborder.

C’est ainsi qu’un événement qui pourrait paraître modeste peut déclencher un geste suicidaire. On parle de facteur précipitant (ex. une rupture amoureuse, une perte d’emploi…). Un observateur extérieur pourrait avoir l’impression que le suicide ou la tentative de suicide est attribuable à ce seul évènement, à cette seule goutte d’eau. En réalité, la cause du suicide relève de la complexité de ce qui a contribué à remplir le vase.

 

 

 

Le suicide, Un processus réversible

 

Cette conception ouvre la voie à tout un ensemble d’interventions de soutien qui peuvent permettre de réduire le degré de souffrance et d’enrayer le cercle vicieux. Avec de l’aide et un accompagnement approprié, il est possible de trouver des ressources auxquelles on n’avait pas encore pensé jusqu’à présent.

Ainsi, nous pouvons tous aider une personne en crise suicidaire à entrevoir d’autres alternatives que la mort. Ce processus n’est pas irréversible ; on peut sortir d’une crise suicidaire à tout moment.

 

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